Covid-19 : ma vie d’expatriée 18 semaines après la pandémie

Comment vivre la crise liée à la Covid-19 ? Depuis le 13 mars 2020, tout a changé : confinement, télétravail, courses, écoles, économie, sorties, voyages. Sans oublier les mesures sanitaires qui font polémiques. Voici ma vie d’expatriée 18 semaines après la pandémie .

Depuis mon dernier billet du 21 avril, sur ma vie d’expatriée en confinement, beaucoup de choses ont changé. C’est pourquoi, je souhaitais refaire un point sur la situation liée à la COVID-19 à Montréal.

Télétravail en confinement Covid-19 à Montréal

L’école et les universités

Depuis le 12 mars, aucun de mes 3 enfants n’est retourné en cours.

Pas de retour en cours au Collège avant la rentrée

Le collège privé de mon plus jeune fils a poursuivi tous les cours en ligne jusqu’aux vacances. Les élèves disposaient tous d’un iPad et d’outils numériques avant le confinement imposé par le gouvernement pour faire face à la pandémie de la COVID-19. Certes les cours en ligne ont débuté, mais 2 semaines après le confinement, sans régularité et avec des contenus peu intenses.

Puis, après le confinement, le gouvernement a annoncé le non retour en classe des élèves de secondaire avant la rentrée. Pour eux, ces enfants pouvaient rester à la maison, même seuls. Le collège a mis en place de nouvelles mesures : les cours réguliers sont devenus des cours en ligne plus courts, mais aux mêmes heures. De quoi occuper les enfants la journée pour le retour au travail des parents.

Les élèves n’étant pas notés pendant la période de cours en ligne, les résultats annuels sont basés sur les notes des 2 périodes précédentes. Je dois dire que notre fils s’est bien adapté, mais il avait son matériel, des facilités d’apprentissage et 2 frères à la maison. Des facteurs qui ont, sans aucun doute, influencé sa rélience à la situation. Il est en vacances depuis le 20 juin.

Ma vie d'expatriée en confinement à Montréal Les écoles et le Collège de Montréal

Pour la rentrée, même si la situation de la COVID-19 change de jour en jour, l’établissement a organisé un plan de retour en classe. Prendre les mesures nécessaires pour garantir une distanciation physique avec 1500 élèves devient un véritable défi : limiter les déplacements, décaler les horaires, respecter les groupes fermés…. Au final, une rentrée le 31 août, un début de journée 1 h plus tard (pour la plus grande joie de mon fils et de sa maman), des sous-groupes, un déjeuner dans la classe, le port du masque… la rentrée s’annonce d’ores et déjà compliquée.

L’université opte pour des cours en ligne et en présentiel

La session d’études à l’étranger en Australie d’Arthur s’est transformée en rapatriement et session en ligne, la nuit (décalage horaire oblige). Mais il a réussi ses examens. Pour sa dernière année de baccalauréat, sa session d’automne va être particulière. Son école proposera tous les cours à distance, mais aussi certains cours en formule comodale, c’est-à-dire à la fois à distance et en présentiel, dans les limites des capacités d’accueil. L’école recommande aux étudiants étrangers de rester chez eux pour la session d’automne, d’autant que les services d’immigration ne délivrent plus de permis d’études ou très en retard. 

Covid 19 études universitaires 2020

Pour Hugo, il a terminé sa session en ligne, et avec brio. Sa rentrée suivra les mêmes grandes lignes. Les cours magistraux et les travaux dirigés seront, en règle générale, donnés à distance. Les travaux pratiques technologiques utilisant des équipements, montages pourront se donner en présentiel, ainsi que certains examens finaux. 

Mais au final, que reste-t-il du meilleur de la vie étudiante : la vie de l’école, les échanges entre jeunes, les 4@7 et soirées étudiantes, les travaux de groupes à l’école jusqu’au petit matin ? Et que dire des étudiants étrangers qui ont choisi de faire leurs études au Québec ? Ils souhaitent découvrir un nouveau pays, suivre un autre type d’enseignement, connaitre des étudiants de tous les pays. Et ils se retrouveront devant leur écran avec des cours en ligne chez eux, parfois la nuit.  

Le travail ou plutôt le télétravail

Je suis en télétravail depuis 18 semaines. J’ai la chance de travailler pour un organisme ayant débuté le télétravail 3 semaines avant le confinement imposé par la COVID-19. Tous les outils étaient en place et le personnel formé. Après une période difficile de gestion de crise, les activités ont repris depuis quelques semaines.

Ma vie d'expatriée après 18 semaines de Covid-19

S’adapter est le maître mot

Mais, face à cette situation, nous devons tous nous adapter. Pour ma part, nous avons du revoir nos services et notre organisation :

  • L’offre de services. Pour faire face à la situation exceptionnelle liée à la COVID-19, nous avons dû réinventer notre offre de services. Et oui, notre mission est lié à la mobilité. Et même si nous ne voulons pas nous y résigner, le retour de la mobilité, telle que nous l’avons connue, ne semble pas prévue à court terme. 
  • Les communications. Mon service n’a pas été épargné ces derniers mois. Moins de personnel, moins de budget, plus de responsabilités, plus d’originalité, plus de travail. 
  • Nos pratiques. Le télétravail, on en rêve tous. Mais après 18 semaines à plein temps, ce n’est plus vraiment la même histoire. Des heures entières devant son écran, du matériel de bureau moins adapté, des collègues qui nous manquent, des missions plus compliquées, le décrochage plus difficile, la maison qui reste notre lieu de vie 24h/24… 

Bien sûr, il y a du positif dans cette situation. Te réveiller 1h15 plus tard chaque matin,  gagner 1h30 de transport chaque jour, économiser 86$ de pass mensuel pour les transports en commun, te concentrer sur les dossiers de fond, travailler en terrasse au soleil avec le bruit des oiseaux (ou des tondeuses du jardinier qui fait tous les voisins le mardi matin), t’habiller plus cool et te maquiller moins, choisir ton rythme.

Et pouvoir ne faire des efforts que pour la partie supérieure de ton corps, seule partie visible à l’écran, LOL

Mais après 18 semaines, les inconvénients deviennent de plus en plus importants. Travailler sans mobilier ergonomique accentue ton mal au dos,  passer 7 à 8 h / j sur un écran fatigue les yeux, ne plus échanger avec tes collègues devant la machine à café et ne plus partager tes pauses lunch avec tes collègues te manquent cruellement, devoir t’adapter et te renouveler à cause des embuches liées à la Covid-19 t’use. 

Le retour au bureau s’annonce compliqué

Il est vrai que le retour au bureau, j’en rêve. Mais je rêve d’un retour au bureau comme avant. Sans prendre de risques dans le bus et le métro à cause des personnes qui ne veulent pas porter de masque, sans devoir te désinfecter à ton arrivée, sans avoir à t’isoler dans ton bureau, sans désinfecter la machine à café après ton passage, sans garder ton diner avec tes ustensiles dans ta glacière, sans dîner dans la salle commune à 2 m de distance les uns des autres, sans devoir limiter le personnel à 25% des capacités… Mais ça, ce n’est qu’un rêve.  

Ma vie d'expatriée après 18 semaines de Covid-19

Depuis lundi, la direction autorise la reprise du travail au bureau, à raison d’une journée / semaine, sur la base du volontariat. Les jours sont déterminés selon ton équipe. Tu ne pourras jamais retrouver certains de tes collègues avant le retour à la normale. Alors je me suis inscrite sur la liste de personnes qui souhaitent revenir. Cependant, je suis tiraillée entre le désir de reprendre le travail au bureau et la crainte de contracter le virus, avec le risque de me mettre en danger et de mettre en danger les autres sans le savoir.

Je vais attendre mes vacances et je verrais à la rentrée. Peut-être qu’après une journée au bureau, à me retrouver seule, isolée dans mon bureau dans des locaux déserts, ma frustration sera terminée et je pourrais à nouveau apprécier des avantages du télétravail ?

Le déconfinement de la COVID-19

Depuis le 13 mars, nous sommes confinés. Nous avons pris la situation au sérieux dès le départ. Depuis le 21 mai, le déconfinement est progressif. Aujourd’hui, il est quasi total.

La reprise économique commence

La crise économique est sans précédent. Dans un pays en plein emploi depuis très longtemps, le taux de chômage a bondit de 4,5% en février à + de 17% en avril. Plus de 3 millions de canadiens ont perdu leur emploi à cause de la COVID-19, sans compter ceux qui ont vu leurs heures réduites.

Certes de nombreuses entreprises ne vont pas se relever de cette crise. Les commerces sont particulièrement touchés. De grandes enseignes ont déjà annoncé leur fermeture définitive. Les mesures de déconfinement, additionnées aux craintes sanitaires et à la perte de pouvoir d’achat ne leur permettent pas de retrouver un chiffre d’affaires correct.

D’autres ont vu leurs activités décuplées : c’est le cas notamment des épiceries, du commerce en ligne, des services de livraison et des entreprises qui ont changé d’activités et opté pour la fabrication de masques, de gels désinfectants ou de signalétiques de distanciation. Et après les excès constatés dans les bars et restaurants, une réduction d’heures d’ouverture, des fermetures totales sont au programme.

Pourtant, certains employeurs sont confrontés à une nouvelle réalité. Certains travailleurs refusent de reprendre un emploi et préfèrent continuer à percevoir la prestation d’urgence canadienne (PCU) de 2000$ / mois. Le gouvernement tente de trouver des solutions pour éviter que cette situation ne se prolonge trop longtemps et ralentisse la relance de l’économie. A ce jour, la PCU est prolongée jusqu’en décembre 2020. Un signe que l’amélioration de la situation n’est pas encore envisagée par le gouvernement.

Mais depuis quelques semaines, la reprise se fait sentir. Les commerces et restaurants ouvrent à nouveau, avec les mesures sanitaires obligatoires. Les annonces d’emploi sont de + en + nombreuses et certains ont déjà retrouvé une nouvelle job. De quoi nous encourager pour la suite. 

La vie est bien différente

La vie n’est plus la même. Nous devons respecter les distanciations physiques et les grands rassemblements sont interdits. Plus de festival, plus de festivités estivales, des éléments essentiels en été à Montréal. Certains quartiers sont déserts. Et pour cause, le tourisme international est à l’arrêt complet. Certes le tourisme local sera au plus haut cet été. Mais Montréal, au coeur de la pandémie, n’attire pas. Et les activités des Québécois seront sans doute différentes de celles des touristes.

Covid-19 Montréal est désert

Depuis le 13 juillet, le port du masque est obligatoire dans les lieux publics fermés et dans les transports en commun. Les excès de ces derniers jours, avec des sites touristiques transformés en party, des bars débordés par les événements, des rues piétonnes bondées… Pour autant, ces mesures ne sont pas respectées, et même controversées. 

Covid-19 port du masque obligatoire au Québec

Le Québec n’a pas conscience que ses chiffres sont catastrophiques. Oui, nous n’avons eu « que » 5 633 morts au Québec, mais nous ne sommes que 8,5 millions, soit un taux de mortalité au million d’habitants devant de nombreux pays, y compris la France, l’Espagne et l’Italie et les USA, si fortement critiqués. (Chiffres datant du 10 juillet 2020).

Oui les morts sont en majorité des séniors, qui vivaient dans des résidences spécialisées. Mais il n’y a pas que des séniors qui sont morts. Les jeunes ne meurent pas souvent, certes, mais peuvent être très malades, et surtout transmettre le virus sans le savoir. Alors, si vous n’êtes pas d’accord avec le port du masque, pensez un moment aux autres, à vos grands-parents, à vos proches malades, aux personnes vulnérables : forcez-vous ou restez chez vous.

Ce matin, j’ai été choquée par les commentaires sur les réseaux sociaux quant au décret du port du masque obligatoire. Et un commentaire m’a marqué. Le port du masque, c’est comme la limitation de l’alcool au volant ou les pneus d’hiver. C’est obligatoire, car en te pliant à la règle, tu te protèges toi, mais surtout tu protèges les autres.

Les bonnes habitudes perdurent

Aujourd’hui, nous poursuivons les mesures que nous avons prises pour nous préserver et préserver les autres de la COVID-19. Nous continuons à faire notre épicerie en ligne, mais avec la cueillette gratuite. Nous évitons les magasins au maximum, sauf  en cas de nécessité. Nous retournons au restaurant, mais seulement en terrasse. 

Covid 19 épicerie en ligne e cueillette

Nous rencontrons nos amis, en extérieur uniquement et en respectant les distanciations physiques. Nous demandons à nos enfants de respecter les mêmes mesures avec leurs amis. Et je suis très heureuse de voir qu’ils sont conscients des enjeux et convaincus du bien fait de ces mesures.

Bon, bien-sûr parfois le naturel revient au galop. Pour notre 1ère visite d’amis, j’étais tellement heureuse, qu’à leur arrivée, je me suis précipitée sans réfléchir pour leur faire la bise. OUPS…

Pour les activités sportives, je n’ai pas encore repris le yoga en intérieur. Les enfants ont repris le tennis en extérieur. Ils poursuivent également leurs séances de gym dans le jardin et leurs parties de soccer dans le parc à côté de chez nous. De quoi les occuper et se défouler sans danger. En profitant de l’été. Nous poursuivons nos marches, en nous autorisant à visiter les alentours de Montréal. Nous avons aussi réalisé des belles sorties à vélo.

Les voyages pendant la COVID-19

Je tiens à aborder ce point car il est incontournable. Beaucoup d’entre vous ont planifié un voyage : visite de la famille, découverte du Québec ou Canada, voyage pour les vacances. Qu’en est-t-il ? 

Les frontières restent fermées

Le gouvernement du Canada maintient ses frontières fermées depuis plusieurs mois et au moins jusqu’au 21 août 2020.  Seuls les citoyens et résidents permanents peuvent entrer au pays. Certaines exceptions existent, comme la visite de la famille, les permis de travail temporaires validés avant la pandémie. Mais la quarantaine est toujours obligatoire, avec un plan d’isolement crédible exigé, un suivi possible et un risque d’amende très élevée. Et avec la COVID-19, tous les voyages non essentiels à l’extérieur du Canada sont encore déconseillés aux Canadiens.

Pour certains, cette mesure parait excessive. Mais ici, cette mesure est plutôt bien accueillie. La principale frontière du Canada est celle avec les USA et la situation est très préoccupante. Cette pandémie ne pourra pas se régler sans limiter les voyages. Même si les conséquences sont parfois dramatiques et décevantes.

Nos voyages sont annulés 

Tous comme beaucoup, nos voyages ont été annulés à cause de la COVID-19. Éliot devait partir 5 semaines en France pour visiter ses grands-mères, cousins et amis. Mon beau-frère et sa famille devait nous rendre visite, tout comme ma maman qui s’est habituée à sa petite visite annuelle en septembre. De notre côté, nous avions prévu un voyage en voiture pour découvrir les États-Unis. Tous ces voyages sont reportés. 

Covid 19 découvrir le Québec

En attendant, nous avons revu nos projets de vacances. Comme tous les québécois d’ailleurs. J’ai décidé de prendre 2 semaines de congé. Une 1ère semaine avec des activités et sorties autour de Montréal, à la journée. Et une 2nde semaine dans un petit chalet, à la montagne pour découvrir et (re) découvrir la région de Québec en famille. Au programme, randonnées en vélo, baignade en rivière, dégustation de spécialités en terrasse, visite de jolis villages typiques et des parcs nationaux… Une belle façon de profiter de notre nouveau pays.

Les petites anecdotes après 18 semaines

Pour terminer voici quelques petites anecdotes des choses que tu fais après 18 semaines d’isolement social à cause de la pandémie de la COVID-19:

  • Prendre tous tes appels en vidéo car tu as besoin de voir du monde, même via un écran 
  • Te maquiller et t’habiller le matin comme si tu partais au travail car tu as envie de mettre autre chose que des t-shirts et des jeans
  • T’emballer quand tu dois retourner au bureau après 17 semaines de télétravail et que as un RDV avec 2 de tes collègues : ça te met en joie pour la semaine entière
  • Appeler Bell pour signaler les problèmes de Wifi et réaliser que tu partages ton réseau avec 3 ados sur des écrans et tous les voisins qui sont, eux-aussi, en télétravail
  • Maîtriser les arrières plans sur Teams et Zoom pour cacher tes membres de la famille ou ton décor très personnel
  • Devenir « addict » au café après le diner juste parce que c’est ta seule petite pause de la journée et que ça te rappelle la machine à café du bureau

Covid 19 café

  • Retourner chez le coiffeur, même si tu dois rester avec ton masque qui t’empêche de respirer pendant plus de 3 heures (ta tête en avait bien besoin)
  • Avoir une envie irrésistible de magasiner, même si tu apprécies les économies réalisées depuis ces 18 semaines
  • Déroger à la règle des courses en ligne pour faire ton épicerie pour vrai et prendre du plaisir
  • T’improviser coiffeuse pour te permettre de rendre heureux tes enfants, sauf quand tu coupes + court que ce que ton fils souhaitait et qu’il regrette… 
  • Apprécier que tes enfants souhaitent partir en vacances avec toi même après ces 18 semaines à m’avoir sur le dos 
  • Avoir besoin de sortir de Montréal la fin de semaine pour changer de décor et avoir envie de diner au restaurant (en terrasse bien-sûr) pour t’éviter un repas 

Covid-19 Les Laurentides

Pour conclure ma vie d’expatriée 18 semaines après la pandémie de la COVID-19, nous avons hâte de profiter de ces vacances pour nous reposer, changer de décor, profiter de notre belle Province et vous partager tous nos bons plans. Restons positifs, ça va bien aller. Et surtout prenez soin de vous !

2 réflexions sur “ Covid-19 : ma vie d’expatriée 18 semaines après la pandémie ”

  • 23 juillet 2020 à 2:36
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    Bonjour. Merci pour ce billet d’informations diverses… Je devais arriver à Montréal pour enseigner… Un de mes fils est pris en sport études… C’est en standby… Nous avons à peu près le même récit ici. Une certaine tranche d’âge fait cependant la fête sans trop se soucier des autres… Belle suite d’été à vous !

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    • 23 juillet 2020 à 7:54
      Permalink

      Bonjour et merci pour ce retour. Et surtout bienvenue au Québec! Profitez bien de l’été en attendant la beauté magique de l’hiver.

      Réponse

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