Immigrer au Québec : bilan après 3 ans à Montréal

Nous sommes une famille de 5 et nous avons choisi d’immigrer au Québec. Arrivés en 2017, voici notre bilan après 3 ans à Montréal : travail, climat, coût de la vie, vie sociale et famille. J’ai écrit ce bilan pour vous parler de la réalité, tant les points positifs que négatifs. Mais cela reste, comme tous mes articles, une expérience personnelle.

3 ans déjà ! Il s’en est passé des choses depuis notre arrivée. 3 déménagements, 1 achat immobilier, 4 mois de travaux, 20 visites chez Ikéa, 3 écoles, 2 employeurs, 2 licences, 1 stage, 9 formations professionnelles, 2 voitures, 3 Noëls sans notre famille, 5 visites de France, 5 mois de confinement, des centaines d’heures en FaceTime, des dizaines de tempêtes de neige et de nombreux voyages pour visiter le Québec. Des épreuves, des surprises, des déceptions, des joies et encore beaucoup de découvertes à faire. Pour immigrer, c’est sûr, il faut être ouvert au changement et savoir s’adapter ! Difficile de résumer notre expérience d’expatriés, mais pour ce bilan après 3 ans à Montréal, nous allons répondre à quelques questions fréquentes.

Bilan après 3 ans à Montréal

Pourquoi s’expatrier ? 

Chacun devrait se poser cette question avant de partir : pourquoi s’expatrier ? Il y a de nombreuses réponses possibles : saisir une opportunité, avoir besoin de voir ailleurs, tomber en amour d’un pays, suivre un conjoint, trouver le soleil… Au final, il ne faut pas s’expatrier pour fuir son pays, sa situation, ses problèmes, mais plutôt s’installer dans un pays qui correspond à nos attentes, à nos projets et à nos valeurs. 

Pourquoi le Québec ?

C’est la question récurrente que tout le monde nous pose : pourquoi choisir de quitter le sud de la France pour venir vivre au Québec ? La réponse qui nous vient immédiatement est la suivante : « Pour l’avenir de nos enfants! » Bien sûr, ce n’est pas le seule raison, mais c’est la principale.

Immigrer Etudier au Quebec monblogquebec

Nous avons 3 enfants dont 2 qui font leurs études supérieures à Montréal. Non seulement, ils se se sont merveilleusement bien intégrés, mais ils comprennent chaque jour pourquoi nous avons décidé d’immigrer au Canada. Une fois leurs études terminées, ils trouveront sans aucun doute un emploi, mais ils pourront aussi choisir leur employeur (ville et province, domaine, mission, vision et valeurs), négocier leurs conditions (salaire, avantages), être écoutés, évoluer rapidement et concilier vie professionnelle et personnelle. 

Et nous ? On a été attiré par la gentillesse des québécois, la qualité de vie, les grands espaces et la liberté. Le bilan après 3 ans à Montréal est positif, même si nous avons rencontré de nombreuses difficultés et quelques désillusions. Immigrer au Québec n’est pas aussi facile que ce qui est dit lors des conférences et reportages. Mais la tolérance, la confiance, l’encouragement et la fierté des réussites sont des valeurs qui nous correspondent parfaitement.

Vivre au Québec les différences qui changent ta vie monblogquebec

Le Québec est souvent choisi pour sa langue. Certes la francophonie facilite bien des choses, mais cette proximité linguistique est un leurre. Le français québécois est bien différent. Les codes, les façons de faire et surtout les façons d’être sont ceux du continent américain. Et même les différences de vocabulaire viennent souvent de traduction de l’anglais.

Quel statut choisir ?

Nous avons choisi de nous expatrier durablement et en famille : nous sommes arrivés avec la Résidence Permanente en poche. Ce parcours est très difficile, mais sécuritaire. Aujourd’hui, beaucoup choisissent des permis temporaires, comme le PVT ou le permis d’études. Mais attention, les règles peuvent changer en cours de route et mettre en péril les projets de vie, surtout en famille.

Par exemple, le programme PEQ a changé tout récemment et la crise de la Covid-19  a provoqué des pertes d’emploi, remettant parfois en question le statut lié au permis de travail fermé. Actuellement, il est plus difficile pour un immigrant au statut temporaire de retrouver un emploi, les chercheurs d’emploi québécois étant bien plus nombreux. Au final, il ne faut jamais oublier que le Québec a besoin d’immigrants certes, mais pratique une politique d’immigration choisie, en fonction de ses besoins.

Trouve-t-on facilement du travail ?

Nous sommes arrivés il a 3 ans, sans travail. Bien sûr, nos économies nous permettaient de tenir quelques temps sans salaire. Même si nous avons dû faire des concessions, nous avons trouvé du travail plutôt rapidement. Il faut cependant connaître et accepter quelques réalités.

Accepter le statut

Au Québec, pas de contrat à durée indéterminé. Il n’y a souvent pas de contrat de travail, mais une lettre d’embauche. Ici, tu peux être mis à pied immédiatement. Même s’il n’y a pas de préavis de départ du salarié prévu dans la Loi sur les normes du travail, l’article 2091 du Code civil du Québec stipule qu’un délai raisonnable doit être donné par l’employé qui démissionne, en général 2 semaines. Bien sûr, cela peut paraitre insécure. Mais c’est valable dans l’autre sens. Tu peux partir, toi aussi, sous 2 semaines. Et comme les opportunités ici sont nombreuses, tu peux évoluer rapidement. Si ton employeur est satisfait de ton travail, il te montrera sa confiance et te fera évoluer pour te garder. Et ça, ça change vraiment les relations employeur/employé.

La semaine de travail varie entre 35 et 40 heures  et tu es payé aux 2 semaines. La différence entre le salaire annoncé (brut) et le salaire touché (net d’impôt) est vraiment différent : il faut compter les charges et l’impôt est prélevé à la source. Au Québec, les congés payés sont de 2 semaines, puis de 3  semaines après 3 ans de présence. Toutefois, dans un marché de plein emploi, les employeurs rencontrent des difficultés pour trouver de la main d’oeuvre et multiplient les avantages. Les annonces d’emploi sont de véritables opérations de séduction. On met de l’avant les vacances, les avantages sociaux, mais aussi la qualité de vie au travail. Les employeurs cherchent à fidéliser et capitalisent sur l’humain.

Repartir à zéro 

En arrivant, nous savions qu’il nous faudrait accepter un poste inférieur à notre situation en France. Nous connaissions également l’importance de la 1ère expérience québécoise et la règlementation spécifique de certaines professions au Québec, dont celles de Monsieur. Mais nous avons sous estimé d’autres points, comme la reconnaissance des diplômes étrangers, l’importance des recommandations au Québec, la frilosité d’embaucher des immigrants et la nécessité du bilinguisme.

Vivre au Québec les différences qui changent ta vie monblogquebec Il faut savoir qu’ici, en général, avoir un diplôme québécois est primordial. Les diplômes étrangers ne sont pas tous reconnus à leur juste valeur. Certes les équivalences existent, en particulier pour les diplômes universitaires. Mais dans certains domaines, l’Université française n’était pas la meilleure voie, surtout il y a 30 ans. Et aujourd’hui, nos diplômes ne sont pas reconnus à leur juste valeur.

Trouver sa 1ère expérience québécoise

Tu dois savoir que ton expérience québécoise est bien plus importante que toutes tes expériences à l’étranger, aussi longues soient-elles. La 1ère expérience québécoise n’est pas une légende. Elle te permet de crédibiliser ton expertise, mais aussi de construire ton réseau et de montrer que tu connais le marché du travail québécois.

Je travaille dans le domaine du marketing et des communications, profession la plus en demande lors de notre résidence permanente. Lors de mon arrivée, j’ai suivi un programme d’intégration pour les nouveaux arrivants. Seulement quelques mois après mon arrivée, j’ai démarré mon 1er emploi. Mais j’ai quand même dû faire un stage de 4 semaines non rémunéré et accepter un salaire en dessous de mon expérience. Par contre, j’avais enfin ma 1ère expérience québécoise et dans mon domaine. Et c’est mon réseau qui m’a permis de décrocher ma job d’aujourd’hui. 

Être bilingue 

Le bilinguisme est incontournable en particulier dans les postes à responsabilités et dans les grandes entreprises. En effet, la majorité des employeurs travaillent avec le Canada et les Etats-Unis ; parler anglais devient alors nécessaire. Malgré plusieurs formations, je ne pratique pas l’anglais au quotidien depuis longtemps, ni dans mon emploi actuel, ce qui ne me permet pas de retrouver un très bon niveau et me freine dans mon évolution professionnelle. Mais je n’ai pas dit mon dernier mot.

Retourner sur les bancs d’école pour pouvoir travailler

Enfin, pour certaines professions, il est impossible d’exercer au Québec. C’est le cas des professions règlementées. Nous le savions avant d’arriver. Mais là encore, nous avions sous estimé le travail nécessaire pour se mettre aux « normes » du Québec. En France, Monsieur avait une entreprise de rénovation depuis 15 ans. Il a dû passer la licence d’entrepreneur spécialisé, puis la licence d’entrepreneur général pour pouvoir exercer son métier. Le coût de ces licences n’est pas négligeable : il faut payer pour se former, pour passer les examens, les repasser en cas d’échec et pour garder sa licence chaque année. Mais c’est la règle du jeu pour les professions du bâtiment au Québec. 

Je ne comprends pas pourquoi le Québec souhaitent faire venir des immigrants et freinent autant leur intégration professionnelle. Pourquoi un pharmacien ayant 2 pharmacies en France ne peut pas exercer au Québec sans reprendre ses études au complet ? Et c’est le cas pour de très nombreuses professions. Même si le Québec a ses particularités, une formation ou un stage professionnel pour apprendre les spécificités et se mettre à niveau, devrait amplement suffire. ll faudrait vraiment se pencher sur cette réalité. Une récente étude montre qu’un immigrant à 3 fois plus de chance d’être sur qualifié qu’un québécois. Et pour cause !

Evoluer rapidement

Grâce au réseau développé lors de ma 1ère expérience québécoise, j’ai décroché un poste dans le service des communications d’un organisme. La direction a même souhaité profiter de mes compétences et a fait évoluer le poste pour correspondre davantage à ses besoins. J’ai été séduite par la mission et les valeurs de l’organisme. J’ai découvert lors de mon 1er jour que mon employeur offrait aussi de nombreux avantages comme 35 h, 4 semaines de congés, 2 semaines de maladie, les horaires flexibles, du télétravail (même avant la Covid), une assurance médicaments et voyage et de bonnes cotisations retraites. Mais le plus important est que j’ai immédiatement obtenu la confiance de ma directrice, avec chaque jour de nouvelles responsabilités.

Immigrer 5 raisons de s'installer au Québec

J’apprécie de travailler en équipe avec des collègues extraordinaires. Aujourd’hui, après 18 mois, je remplace ma cheffe pendant son congé de maternité. Elle n’a pas hésité à me recommander pour gérer son service temporairement et la direction générale m’a fait confiance.

Il est vrai que je retrouve un niveau des responsabilités qui correspond à mon expérience et mes compétences. Par contre, je déplore toujours la reconnaissance des diplômes et l’expérience des immigrants. En effet, dans certaines entreprises ou organismes, les grilles de recrutement et de salaires sont très normées : les diplômes non reconnus à leur juste valeur et l’expérience à l’étranger étant plafonnée à 5 ans, le salaire peut alors être en dessous de celui des québécois pour un poste équivalent.

Travailler dans une bonne ambiance

Le travail est beaucoup plus agréable ici : la pression quotidienne est moins forte, les journées se terminent plus tôt (on mange à 5-6 h ici), les idées sont les bienvenues, les remerciements de tes collègues pour ton travail sont fréquents, les félicitations de tes supérieurs pour tes réussites sont naturels. La hiérarchie est très différente : le travail d’équipe est privilégié, les employés écoutés et la confiance est systématique. La bienveillance de tes collègues se ressent chaque jour. Les événements comme les  5@7, party et autres rencontres hors bureau sont nombreux et permettent de créer un esprit de famille au sein de ton entreprise. Vivement le retour à la normal après cette pandémie.

Si tu veux en savoir +, tu peux consulter cet article : Trouver un emploi : 10 étapes incontournables

Comment supporte-t-on le climat au Québec ?

Au Québec, les écarts entre l’été et l’hiver sont très impressionnants : +40 degrés en été et -40 en hiver. Le bilan après 3 ans à Montréal est positif : l’hiver n’est pas si pire! Et ce sont ces saisons si différentes qui font tout le charme du Canada. Les paysages changent tellement qu’ils nous donnent l’impression d’être dans des pays différents. D’ailleurs, ma rubrique 2 saisons 2 décors sur les réseaux sociaux vous séduit chaque fois.

Un hiver froid et sec 

Là encore, c’est toujours la question posée aux français, surtout lorsqu’on vient de la côte d’azur. Je ne vous cache pas que c’est aussi le climat qui me faisait hésiter à venir au Québec. Au final, nous supportons très bien l’hiver, même moi la plus frileuse de la famille. Bien sûr, pour y parvenir il y a quelques règles à suivre :

  • Acheter son équipement sur place et choisir la qualité
  • Regarder la météo chaque jour avant de sortir et surveiller la température ressentie
  • Profiter des activités en extérieures et apprécier le positif comme la beauté les paysages

Enfin, nous nous émerveillons encore à chaque tempête de neige. C’est tellement magique que l’on en oublie les inconvénients.

En hiver, il ne faut jamais se dire « Je ne sors pas aujourd’hui car il fait trop froid ». Sinon tu ne sortiras jamais. Au contraire, il faut profiter des atouts de l’hiver comme les balades en raquettes, les glissades avec les enfants, les arénas pour jouer au hockey, les sentiers de glace en forêt, le ski de fond ou de descente… L’équipement peut faire des miracles : capuche à fourrure avec bonnet dessous, cache cou, parka avec col remonté jusqu’en haut, main dans les poches et le tour est joué. Et si ça ne suffit pas tu rentres vite te réchauffer avec un chocolat chaud.

Un été très chaud et humide

On parle souvent de l’hiver au Québec et moins de l’été. Donc beaucoup de personnes pensent qu’il y fait toujours froid. Notre famille et nos amis ont souvent peine à croire que les températures atteignent les 40 degrés et que les vagues de chaleur sont très fréquentes. A vrai dire, nous n’avons jamais eu aussi chaud qu’au Québec, même en ayant vécu 10 ans dans le sud de la France. On parle toujours de température ressentie car le taux d’humidité élevé rend les chaleurs plus difficiles à supporter.

C’est pourquoi les entreprises, les commerces et beaucoup de particuliers installent des climatiseurs. Bon, il est vrai que les québécois sont un peu excessifs dans leur utilisation : il fait toujours un froid de canard partout. Mais nous, on règle notre domicile à 24 degrés et on est bien : moins chaud et surtout moins humide. Et puis, après avoir tant attendu l’été, on refuse de se plaindre des chaleurs. On tente d’en profiter au maximum.

Le coût de la vie est-il intéressant ? 

Là encore, il est difficile de répondre en général. Comme d’habitude, je parle donc de notre situation personnelle. Tout d’abord, la réponse dépend de ta ville de résidence. La vie à Montréal est plus chère que la vie en région, en particulier à cause du logement. Comme je dois vous faire le bilan après 3 ans à Montréal, nous allons classer les postes en 3 catégories.

Les postes plus coûteux qu’en France 
  • Les frais médicaux : beaucoup ne sont pas remboursés par la RAMQ (médicaments, soins dentaires, lunettes…), parfois même par les assurances santé. Par contre, les frais d’assurance santé et les frais de santé non remboursés peuvent être déductibles des impôts sous conditions. 
  • Les assurances santé : même si certaines entreprises en paient une partie, elles restent très coûteuses.   
  • Les achats alimentaires : des produits sont moins chers, d’autres sont plus chers, surtout si tu veux manger comme avant. Il faut savoir où faire tes achats et acheter en rabais.
  • Les frais technologiques : les forfaits Internet, l’accès à la télévision, les forfaits pour les cellulaires sont bien plus chers au Québec.
  • Les frais de transports : il faut compter les frais d’entretien de ton char, le changement de pneus l’hiver et les taxes annuelles du permis de conduire et des frais d’immatriculation (mais qui servent d’assurance lors d’un accident).
  • Les taxes des propriétaires : au Québec, il existe les taxes municipales et la taxe scolaire, payable par tous, même sans enfant scolarisé.  
  • Les frais de scolarité en secondaire privé (collège) : ce choix devient de plus en plus incontournable sur Montréal.
  • Les impôts. Pour le salaire brut moyen de 60 000$ / an, le taux d’imposition au Québec est plus important qu’en France et que dans les autres provinces du Canada. Par contre, les frais déductibles sont beaucoup plus nombreux. De notre côté, nous avons des retours d’impôts chaque année (les impôts étant prélevés à la source).
  • Les restaurants qui proposent de la cuisine raffinée : ils te font payer le prix fort pour une qualité pas toujours au RDV.
  • L’assurance voyage : elle est obligatoire dès que tu sors de ton pays, voir de ta province pour couvrir les frais médicaux et éviter les mauvaises surprises.
  • Les frais bancaires : chaque opération est facturée par ta banque. Il faut profiter des avantages offerts aux immigrants, étudiants qui ne paient rien à leur arrivée. Ensuite, tout est négociable… A l’inverse, l’épargne et les placements financiers rapportent plus qu’en France.
  • Les matériaux de construction, l’ameublement et la décoration : la rénovation est hors de prix et même si Ikéa existe, les prix au Canada sont bien supérieurs qu’en Europe. 
  • Les voyages. Ici, le pays est immense. Chaque voyage requiert de nombreuses heures de voyage et des coûts importants. Les voyages en avion sont souvent nécessaires, les compagnies low cost plus rares. Et avec la crise de la COVID-19, cela ne va pas s’arranger.
Les postes moins coûteux qu’en France 
  • Les logements, en particulier hors Montréal : même si Montréal devient de + en + cher, il est encore bien loin derrière les grandes villes comme Paris, Vancouver, Toronto… Et pas besoin de déposer une caution quand tu loues un appartement. 
  • L’électricité : elle est écologique (hydro) et économique. Et heureusement, car avec les hivers rigoureux et les étés caniculaires le chauffage et la climatisation sont souvent de la partie. 
  • L’eau : on dit souvent qu’elle est gratuite, mais c’est faux. Elle est incluse dans les taxes des propriétaires. Fait qu’elle est souvent incluse dans le loyer, donc gratuite pour les locataires. Par contre, le prix n’est pas calculé en fonction de ta consommation. D’où les abus constatés pour les arrosages en été… Mais le prix à la consommation commence à apparaitre dans certaines localités.
  • Le transport : les voitures coûtent moins cher, les autoroutes sont gratuites et le carburant est bon marché : quel bonheur de pouvoir découvrir le pays à faible coût !
  • Les taxes : 15% au Québec (9.975% de TVQ et 5% de TPS) comparées aux 20% de TVA en France. Sur une année, cela fait une sacré différence. Par contre, elles ne sont pas incluses dans les prix affichés, ce qui nous obligent à maitriser le calcul mental.
  • Les impôts et taxes pour les entrepreneurs et les entreprises : de nombreuses mesures favorisent le démarrage des entreprises et les charges salariales sont moins importantes.
  • Les sorties : manger dehors, boire un verre, déguster une glace. Sans oublier les nombreux festivals gratuits. C’est vrai que nous venons du sud de la France, région où les prix étaient exorbitants. Et il faut toujours ajouter les taxes et le service qui ne sont pas inclus, soit 30% de plus lors du paiement. 
  • Les frais d’études universitaires : les écoles des garçons proposent des frais identiques aux études universitaires, beaucoup plus abordables qu’une école de commerce en France. Cela concerne les québécois ou les Résidents permanents au Québec (sinon c’est bien plus cher)
Les postes équivalents 
  • Les assurances habitations et véhicules. 
  • Les transports en commun : à Montréal, le trajet coûte 3,50$, les 10 passages coûtent 29$ et le tarif réduit est 2,50$. L’abonnement mensuel est à 86,50$ et 52$ pour les enfants, étudiants et séniors. Sinon il y a les bixi (vélo partage), les ubers et les taxis.
  • Le coiffeur : mais là encore, il est d’usage de laisser un pourboire pour le service.

Au final, nous vivons plus confortablement qu’en France. Au quotidien, nous sortons plus souvent, nous voyageons davantage pour découvrir notre nouveau pays, tout en offrant des études supérieures à nos enfants. Et pourtant, nous avons choisi Montréal, où la vie est plus chère qu’ailleurs au Québec.

Par contre, nous avons sous estimé le coût d’installation : nous avons déménagé 3 fois depuis notre arrivée et les équipements coûtent chers. Oui, nous avons choisi d’investir dans de jolis meubles pour vivre dans une maison confortable et agréable. Mais, nous avons aussi laissé dernière nous beaucoup de choses, ce qui implique des nombreux investissements pour retrouver un bon niveau d’équipement. 

Et la vie sociale ?

Immigrer au Canada, c’est accepter de se retrouver seuls, de mettre du temps à se faire des amis et de supporter l’éloignement de la famille. En questionnant les français qui repartent, c’est bien souvent la principale cause de leur retour. Nous avons changé 3  fois de région en France et nous avons toujours rencontré de belles personnes, devenues nos amis aujourd’hui. Alors pourquoi serait-ce différent au Québec ?

Se refaire des amis

Lorsque nous sommes arrivés au Québec, nous n’avions qu’un seul couple d’amis. Nous avons fait leur connaissance en échangeant notre maison pour notre voyage exploratoire en 2014. Et ils sont devenus nos amis. Ils nous ont beaucoup aidés lors de notre arrivée. Mais, ils n’habitent pas à Montréal et nous ne les voyons pas souvent. 

C’est vrai que nous ne souhaitions participer aux activités entre expatriés. Pourquoi ? Sans doute à cause d’a priori. Souhaitant nous intégrer au Québec de façon permanente, nous pensions qu’il serait mieux de nous faire des amis québécois que de discuter des problèmes d’intégration entre expatriés. Pourtant, notre bilan après 3 ans à Montréal montre que c’est difficile. Les québécois ont leur vie, leurs amis et ont sans doute moins besoin de faire de nouvelles rencontres que nous. Aujourd’hui, nous avons des amis québécois, mais aussi des amis expatriés et nous partageons nos points de vues de québécois ou d’expatriés.

Créer des occasions de rencontres

Au cours de notre vie, c’est souvent grâce aux enfants que nous avons rencontré d’autres parents, qui sont devenus peu à peu nos amis. Ici, c’est différent. Nos enfants étant grands, pas de rencontre à la sortie d’école, pas d’activité avec les autres parents. Autre source de rencontres, le sport. Mais nos enfants pratiquent leurs activités sportives sans nous.

Et les rencontres au travail ? J’ai rencontré des personnes merveilleuses dans mon travail. Certaines comptent beaucoup pour moi et nous organisons des déjeuners, des 5@7, voire des pique-niques. Mais beaucoup sont plus jeunes que moi et nos rythmes assez différents. Et puis on parle souvent de travail ensemble, alors que nous avons aussi besoin de décrocher.

Bilan après 3 ans à Montréal le travail

Commencer à avoir un nouveau réseau

Cet été, nous avons fait de nombreuses rencontres : des voisins français rencontrés par hasard avec qui nous partageons des apéros dans le jardin, des amis d’amis avec qui nous engageons des discussions, des rencontres lors d’activités thématiques organisés par des groupes aux passions communes… Est-ce la nécessité pour tous de retrouver du social après 5 mois de confinement lié à la Covid-19 ? En tout cas, nous commençons à nous refaire un cercle de connaissances et d’amis. 

Mais il ne faut pas se mentir : nos amis français nous manquent. Certains sont venus nous rendre visite et nous les en remercions. Nous avons pu partager avec eux notre nouvelle vie, leur faire visiter notre nouveau pays et échanger sur nos choix. D’autres devaient venir nous visiter et la fermeture des frontières change ces plans. Ils nous manquent et nous avons hâte de les recevoir. 

Supporter l’éloignement de la famille

Et la famille ? Nous sommes depuis longtemps très indépendants par rapport à nos mamans et nos frères et soeurs. Nous habitions déjà loin de nos familles en France. Nous aimons être entre nous, avec nos enfants. Bien sûr, nos mamans nous manquent. Elles sont d’ailleurs venues nous voir l’an dernier. Nous avons pu partager notre nouvelle vie avec elles et leur faire comprendre notre choix. Mais nous savons que leur âge, le coût des billets d’avion, la fatigue du voyage rendent ces visites exceptionnelles. Nous avons davantage de contacts avec elles qu’en France, via la technologie. Quand aux frères et soeurs, leur visite a été compromise par la fermeture des frontières, mais ce n’est que partie remise.

Nos coups de coeur temps des fêtes à Montreal monblogquebec

En France, il y avait toujours les regroupements familiaux traditionnels, à l’occasion des fêtes de fin d’année ou des anniversaires. Ce sont ces retrouvailles en famille, avec tous les cousins réunis ensemble, qui nous manquent le plus. Il est vrai que la distance change les choses. Et la pandémie de la Covid-19 nous a fait prendre conscience des conséquences de cet éloignement. Nous avons compris qu’en cas de problème, de maladie, nous serions incapables d’être aussi présents que nous le souhaiterions ou que nos proches en auraient besoin. C’est un point qu’il faut accepter pour vivre cette nouvelle vie sereinement.

Pour le moment, nous ne rentrons pas en France car nous avons tellement de choses à découvrir dans notre pays d’adoption. Nous savons que nous en aurons envie dans quelques temps et que nous devrons le faire quand nos proches en auront besoin. C’est ça, la vie d’expatriés. 

Et le bilan après 3 ans à Montréal ?

Nous ne regrettons absolument pas notre choix d’immigrer au Québec. Malgré les embûches, nous traversons les épreuves ensemble. Pour nous, le bilan après 3 ans à Montréal est très positif.

Quelques inconvénients

Bien sûr, tout n’est pas parfait au Québec. La lourdeur administrative est bien présente : 8 déclarations d’impôts dans notre famille, de nombreux appels et papiers requis pour certains services, tout est normé et doit rentrer dans les cases. Le service est compliqué : temps d’attente téléphonique insupportable, erreurs de commande, livraisons en retard et non conformes, service après-vente difficile… Les immigrants rencontrent souvent des difficultés sur le marché du travail. Le système de santé est parfois déroutant et peut être coûteux selon tes assurances. Et on s’est même fait volé notre camion devant notre maison (mais la police l’a retrouvé).

La vie à Montréal implique les congestions en voiture lors des déplacements, en particulier pour sortir de l’île en fin de semaine. Les travaux sont incessants en été. La nature n’est pas assez accessible : les sentiers, forêts et lacs sont privés, les plages et les parcs sont payants, tout le monde se concentrent en même temps aux mêmes places… Enfin, la variété de la nourriture nous manque. Même si on adore la bouffe québécoise, si on prend du plaisir à découvrir la cuisine du monde très présente au Québec, on retrouve toujours les mêmes choix dans les restaurants. Et que dire du vin…

Beaucoup d’avantages 

Oui, vivre au Québec présente beaucoup d’avantages. L’économie se porte très bien, même si la Covid a changé les choses. Les enfants seront bilingues lors de leur entrée sur le marché du travail. Le sentiment de sécurité est exceptionnel. Les entrepreneurs sont soutenus dans leur démarrage et développement. Les entreprises doivent fidéliser leur personnel, ce qui permet aux salariés de s’épanouir et d’évoluer. La hiérarchie laisse place au travail d’équipe où chacun s’exprime et apporte sa pierre à l’édifice. La réussite est admirée. La nature est très présente, même dans les grandes villes. Les villes organisent de nombreuses activités familiales gratuites et festivals.

Et surtout des différences

Enfin, même si on adore vraiment le Québec et les québécois,  il y a beaucoup de différences liés à la culture, dont certaines plus compliquées pour nous. J’en ai même listé 150 différences. Par exemple, les québécois n’apprécient pas la confrontation. Et tu peux facilement interpréter ça comme de l’hypocrisie, de la lâcheté, ce qui ne l’est pas du tout. Ils ont aussi tendance à être centrés sur eux ; ils se considèrent d’ailleurs québécois et non canadiens. Au journal télévisé, peu de temps est accordé à l’international. Enfin, certains n’apprécient pas toujours l’arrivée des nombreux immigrants. 

Pour réussir son intégration, il faut accepter les différences : ne pas comparer sans cesse, ne pas critiquer pas la langue (et oui le français au Québec est différent du français en France et tu dois l’accepter), ne pas être dans la confrontation et rester ouverts. Nous savons que c’est à nous de nous adapter pour ne pas devenir des maudits français qui restent tous ensembles, critiquent toujours et râlent sans cesse.

Au final, on a fait le bon choix

Aujourd’hui, nous savons que nous avons fait le bon choix. Le bon choix pour nous tous. Nos enfants évoluent dans une société tolérante et agréable à vivre. Ils aiment leur nouvelle vie, n’ont eu aucun problème pour se faire de nouveaux amis et ont adopté les pratiques québécoises.

Vivre au Québec les différences qui changent ta vie monblogquebec

Quand à nous, nous apprécions le rythme de vie plus équilibré entre vie professionnelle et vie personnelle. Nous adorons l’optimisme, la bonne humeur et la bienveillance des Québécois. C’est tellement agréable et c’est contagieux, je vous assure. Nous apprécions chaque jour la sécurité au Québec, autant pour les enfants que pour nous. Et franchement, c’est reposant de vivre dans une société où il y a si peu d’agressivité, où les gens sont polis, respectueux et se font encore confiance ! 

Nous profitons de notre nouveau pays et des espaces grandioses de la nature dès que possible : nous avons déjà découvert la Gaspésie, la région du Saguenay Lac-Saint-Jean, la région du Bas Saint-Laurent, de Charlevoix et les principales villes touristiques. Les paysages sont encore plus beaux que dans les livres. Les fins de semaines, nous partons découvrir les régions proches de Montréal comme les Laurentides et les Cantons de l’est.

Nous pratiquons les activités locales : ski, patin à glace, balades et hockey en hiver et vélo, kayak, paddle et baignades en été. Et même le camping. Nous avons adopté les traditions comme le brunch du dimanche, l’autocueillette des pommes, les décorations d’Halloween et les séjours au chalet.

Nous avons choisi Montréal pour être auprès de nos enfants, tant que nous le pouvons encore (c’est à dire tant qu’ils seront aux études). Cela nous permet de vivre notre expatriation ensemble.

Bilan après 3 ans à Montréal

Mais nous savons déjà qu’une fois leurs études terminées, nous irons sans doute vivre ailleurs, quitterons Montréal pour profiter encore plus de la belle qualité de vie au Québec. En tout cas, nous nous projetons ici, au Canada et nous ne prévoyons absolument pas de rentrer en France. Nous préparons déjà notre demande de citoyenneté canadienne. Alors je vous donne RDV dans 3 ans pour un autre bilan ! 

Pour ma part, j’aime partager cette expérience avec vous sur le blogue, la page Facebook et le compte Instagram. Cela me permet d’aider certains d’entre vous, de partager notre nouvelle vie avec nos proches, mais aussi de prendre conscience de la chance que nous avons de vivre cette nouvelle vie en famille. Pour réussir, il faut le courage de tout recommencer bien sûr, les moyens financiers de tenir quelques mois certes, mais surtout connaitre les vrais raisons de ton départ pour garder ta motivation lors des embuches ou des coups de cafards incontournables. Nous sommes dans un pays où tout est possible. Au Québec, nous apprécions notre nouvelle vie et surtout nous réjouissons chaque jour pour nos enfants. 

12 réflexions sur “ Immigrer au Québec : bilan après 3 ans à Montréal ”

  • 9 septembre 2020 à 5:56
    Permalink

    Bravo pour ce superbe récap! Quel travail tu fournis à chaque fois pour tes bilans et tes articles en général… c’est informatif et qualitatif, vraiment très utile pour les nouveaux arrivants comme nous, donc merci pour ça !
    Je suis en plein dans la recherche de mon 1er emploi et c’est assez déroutant… On verra bien ce que cela donne, mais ayant la rédaction et la création de contenu comme coeur de métier, je me pose des questions sur mon français de France… je ne sais pas si les employeurs ici sont frileux à l’idée d’embaucher une rédactrice française qui ne maitrise pas encore le français québécois… Si tu as un avis sur la question, je suis preneuse ! Mille mercis !

    Réponse
    • 9 septembre 2020 à 9:03
      Permalink

      Bonjour Isa,
      Merci pour ton retour. Je suis toujours enchantée de voir que mes articles puissent aider certains dans leur projet. Pour ta question sur le contenu, c’est pour cela que j’ai été embauchée : chargé du marketing de contenu. Il m’est arrivé d’utiliser des mots qui ne s’emploient pas trop ici, mais mes collègues m’ont gentiment fait la remarque. Et tu te fais vite aux expressions du Québec. Beaucoup offre leur chance aux nouveaux arrivants.
      Alors bonne continuation dans ce beau métier qui heureusement est en développement.

      Réponse
  • 11 septembre 2020 à 1:48
    Permalink

    Bonjour et merci pour ce magnifique récit.
    Tu nous as encore plus donné envie de devenir québécois d’adoption.
    Mille mercis
    Damien

    Réponse
    • 11 septembre 2020 à 5:25
      Permalink

      Bonjour Damien,
      Merci à toi pour cet encouragement à poursuivre mon partage d’expérience.
      Bonne continuation
      Christel

      Réponse
  • 11 septembre 2020 à 6:23
    Permalink

    Bonjour,
    j’ai lu avec un grand intérêt votre récit d’expatriée. Alors que dire de moi, retraitée depuis longtemps, ma fille demeurant à Montréal depuis 8 ans, a obtenu sa nationalité canadienne, est mariée avec un canadien et moi qui hésite toujours à faire le pas. Ici à Paris, je n’ai pas de famille, vis seule, plus de parents, quelques amies, mais mais, j’hésite toujours du fait des frais MEDICAUX. En France pas de soucis avec la Sécurité Sociale et une bonne mutuelle presque tout est pris en charge, mais pas au Québec..
    Voilà mon récit. Et avec le virus, c’est encore plus difficile de s’expatrier. Alors je saute le pas oui ou non, y a t’il des retraités qui sont partis auprès de leurs enfants?
    Merci

    Réponse
    • 11 septembre 2020 à 5:24
      Permalink

      Bonjour,
      Merci pour ce partage. Le choix de s’expatrier est très personnel et il faut lister les avantages et inconvénients pour prendre la bonne décision. Le système de santé au Québec prend tout de même en charge de nombreux soins.
      Bonne continuation et merci.

      Réponse
  • 13 septembre 2020 à 3:49
    Permalink

    Bonjour
    Merci pour votre blog
    C’est très intéressant car vous nous faites partager vos ressentis et on apprend beaucoup de choses
    Pour notre part nous sommes un couple de quinqua en pleine reconversion et rachetons une boulangerie pâtisserie prêt à manger dans le quartier de St Foy
    Ca traine un peu à cause du COVID mais on devrait y arriver d’ici le 1 semestre 🍀🍀🍀
    On va rechercher un hébergement de transition dans le quartier du limoilou où le quartier St Jean baptiste car ca répond à nos besoins de vie un peu bobo
    Je veux bien échanger avec vous

    Réponse
    • 13 septembre 2020 à 3:55
      Permalink

      Bonjour,
      Merci de ce retour et surtout bravo pour ce beau projet. Je te souhaite bonne continuation : ton secteur est un domaine où les français sont reconnus et appréciés au Québec.
      Bonne journée

      Réponse
  • 13 septembre 2020 à 1:41
    Permalink

    Coucou,

    Je me permets une petite question, pourquoi dire « secondaire privé (collège) : ce choix devient incontournable sur Montréal. » ?
    Je suis vraiment curieuse car je travaille aux com d’un Centre de services scolaire, et même si j’habite et travaille rive sud de Québec, ça m’intéresserait d’avoir ton avis sur le public/privé au QC, et donc, sur Montréal 😊

    Réponse
    • 13 septembre 2020 à 3:53
      Permalink

      Bonjour,
      Encore une fois, je parle de mon expérience et j’ai choisi le collège privé pour mon fils pour des raisons personnelles, notamment le choix d’offrir à mon fils les meilleures opportunités pour son avenir. Et quand tu regardes les effectifs des collèges privés de Montréal, je ne suis malheureusement pas la seule…
      Bonne journée

      Réponse
  • 21 novembre 2020 à 11:00
    Permalink

    Merci pour ce bilan très détaillé et objectif !
    Tu disais que vous irez peut être ailleurs quand tes enfants auront fini leurs études : tu penses à quel endroit ?
    J’ai aussi été intriguée par la photo de l’ours ! Vous l’avez vraiment vu de si près ??
    Bonne journée !

    Réponse
    • 24 novembre 2020 à 7:19
      Permalink

      Bonjour Nathalie,
      Après les études de nos enfants nous quittons probablement Montréal pour nous installer en région et profiter de la vie dans une plus petite ville.
      Pour l’ours, nous en avons vu plusieurs de très prêt, mais c’était dans des zoo, bien protégés. Cela n’ôte rien à la magie de les voir!
      Bonne journée et merci de nous suivre

      Réponse

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.